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Avec la Cloudmonster 3 Hyper, ON Running frappe un grand coup dans la catégorie des « super-trainers ». On a à faire à une chaussure d’entraînement maximaliste sans plaque, pensée pour avaler des kilomètres sur les sorties longues et les blocs au tempo tout en protégeant les jambes grâce à un amorti généreux et une mousse haute performance.
Caractéristiques annoncées par la marque
Stack : 45 mm au talon / 39 mm à l’avant-pied
Drop : 6 mm
Poids : 271 g en homme (taille 42)
Semelle intermédiaire en bi-densité : Helion™ HF (PEBA) en couche supérieure + Helion avec technologie CloudTec en couche inférieure
Prix : 230 €
Testeur
Je m’appelle Dorian, je suis podologue du sport spécialisé en course à pied, trail et plus particulièrement dans la chaussure. Je pratique le trail 2-3 fois par semaine essentiellement dans la Haute chaîne du Jura, sinon je cours également sur tapis en plus d’une séance sur piste par semaine.
Mes objectifs principaux cette année sont : Le Grand Raid du Ventoux et la Trace des Ducs de Savoie.
En vrai geek de la chaussure, j’aime étudier leur conception, les technologies de mousse, mesh, grip, crampons, lacets… Bref, les chaussures de running et de trail n’ont plus beaucoup de secrets pour moi !
Ce qui change par rapport à la Cloudmonster Hyper (v1)
La Cloudmonster 3 Hyper n’est pas une simple mise à jour cosmétique : c’est une évolution significative sur tous les plans.
- Une augmentation du stack : +7,5 mm au talon
La première Cloudmonster Hyper affichait un stack de 37,5/31,5 mm (drop 6 mm). La 3 Hyper grimpe à 45/39 mm, entrant pleinement dans la catégorie des super-trainers maximalistes. Résultat : nettement plus de protection sous le pied, une plateforme plus imposante et un caractère de « long run trainer » affirmé.
- Une architecture de la mousse repensée
Alors que la V1 ne plaçait la mousse Helion™ HF (PEBA) que sous le médio-pied et l’avant-pied, la 3 Hyper propose désormais une couche Helion HF sur toute la longueur du pied – soit 77 % de PEBA en plus par rapport à la version précédente. En dessous, le CloudTec® en EVA sert de « berceau » structurel pour stabiliser l’ensemble. Cette stratégie bi-densité offre plus de moelleux et de rebond sous tout le pied, y compris au talon, tout en conservant une base ferme au contact du sol.
- Toujours pas de plaque
ON aurait pu ajouter une Speedboard ou une plaque carbone. Le choix de ON est délibéré : ne pas rigidifier la semelle pour laisser les pieds travailler naturellement à l’entraînement.
- Une légère prise de masse
La 3 Hyper pèse environ 271 g en taille 42, soit une légère prise de poids par rapport aux 258 g de la v1 en taille 42. C’est très raisonnable pour un stack de 45 mm sans plaque, et cela reste nettement plus léger que la Cloudmonster 3 classique (environ 301 g en 42).
- Tige / chaussant
ON passe à un mesh tissé épais mais respirant, avec des renforts latéraux enveloppants qui améliorent le maintien. Le chaussant a été nettement recalibré : là où la v1 était jugée trop volumineuse au niveau de la boîte à orteils, la 3 Hyper offre un fit bien plus ajusté tout en conservant un volume confortable à l’avant.
- Un rocker amélioré
La géométrie rocker a été retravaillée avec un biseau de talon latéral plus prononcé, ce qui fluidifie considérablement la transition talon-orteils. C’est un détail subtil mais qui change complètement l’expérience en course, surtout pour les attaqueurs talon.
Confort
Le grand atout de la Cloudmonster 3 Hyper, c’est le confort de fond. La couche supérieure en Helion HF (PEBA), désormais étendue sur toute la longueur du pied, amortit franchement les impacts et offre un contact à la fois doux et dynamique, sans mollesse excessive que j’avais tendance à ressentir sur l’avant pied avec la V1. Le stack avant de 39 mm est particulièrement notable : sur les sorties longues de 25 à 35 km ou lors de blocs au tempo/allure marathon, et grâce au rocker amélioré on bénéficie d’un déroulé optimisé et donc de jambes plus fraîches le lendemain.
La tige a également été pensée pour le confort et la sécurité sur la durée : À l’avant, on dispose d’un volume correct avec une boîte à orteils spacieuse qui permet un bon éventail des orteils. Le mesh tissé est respirant mais enveloppe bien le pied pour le sécuriser notamment au niveau du médio pied. La qualité des matériaux est nettement premium : on sent que ON a investi dans un
upper durable et aéré qui parait également plus résistant que sur la première Cloudmonster Hyper. Le contrefort arrière, bien rembourré et plongeant, protège le tendon d’Achille sans créer de compressions ou frottements. Enfin, la semelle externe offre une adhérence convaincante sur route sèche comme mouillée.
Stabilité
Avec un stack de 45 mm au talon, on peut légitimement s’inquiéter de la stabilité. Mais On a remarquablement bien anticipé ce point, et c’est l’une des grandes réussites de cette chaussure.
La base est décemment large au talon comme à l’avant, ce qui augmente la surface d’appui. La couche inférieure en mousse Helion, plus ferme, crée un véritable châssis qui enveloppe la mousse PEBA et résiste aux mouvements latéraux lors de la compression de la semelle. Le rocker progressif guide le pied dans un déroulé fluide et prévisible. L’upper, avec ses renforts latéraux et son contrefort présent, verrouille bien le pied sur la plateforme et participe chirurgicalement à la stabilité de l’ensemble. Le maintien général de la tige est excellent.
Dynamisme
Le Helion HF (PEBA) sur le dessus apporte un vrai ressenti de dynamisme sans être dans un excès « trop mou », à l’avant-pied et désormais aussi à l’arrière-pied. La mousse n’est pas ultra-souple à proprement parler : On conserve cette signature légèrement ferme qui est la marque de fabrique de la maison suisse. Le rocker généreux favorise un déroulé fluide et économique quand on maintient l’allure.
Comparée à la v1, la 3 Hyper est plus homogène dans ses sensations : là où l’ancienne version avait un gros écart de ressenti entre le talon (ferme, Helion et CloudTec) et l’avant-pied (souple, Helion HF), la nouvelle version lisse cette transition grâce à la couche Helion HF (équivalent PEBA) intégrale. On ne sent plus cette « cassure » entre deux mondes.
La 3 Hyper répond très bien dès que l’on accélère le pas. Ce n’est clairement pas la chaussure faite pour du fractionné court ou du travail de piste étant donné le stack. Cependant, dès que l’on allonge la sortie ou que l’on veut être le plus économe possible sur du seuil ou du tempo, c’est un allié redoutable. Sa combinaison mousse PEBA + technologie CloudTec + rocker joue un rôle essentiel dans l’efficacité de propulsion qu’elle procure, sans la rigidité d’une plaque.
Pour qui ?
- Les coureurs axés marathon/semi-marathon, ou en cycle de prépa avec gros volume et séances à allure spécifique.
- Les gabarits moyens à lourds appréciant une base large et stable.
- Celles et ceux qui veulent une chaussure d’entraînement performante pour alterner avec une paire carbone (Cloudboom Strike, Cloudboom Echo 3) le jour J.
- Les coureurs qui veulent une seule chaussure polyvalente capable de gérer easy runs, sorties longues et tempo dans la même semaine.
À qui je la déconseille ?
- Aux amoureux des sensations proches du sol et des transitions souples/élastiques.
- Aux fans de fractionné court et de travail de piste : la chaussure est trop haute et trop peu réactive pour des répétitions de 200-400 m.
- Les coureurs qui préfèrent un amorti ultra-souple et marshmallow : la Cloudmonster 3 Hyper reste dans l’ADN « légèrement ferme » de ON ce n’est pas une ASICS GEL-Nimbus.
- Les coureurs au budget serré : à 220 €, c’est un investissement premium qui se justifie par la durabilité et la qualité des matériaux, mais qui reste élevé pour une chaussure d’entraînement.
Conclusion
La ON Cloudmonster 3 Hyper réussit sa mue : c’est désormais une vraie super-trainer aboutie, taillée pour les sorties longues, les blocs au tempo/marathon, et plus généralement pour les coureurs qui veulent économiser leurs jambes et protéger leurs muscles et articulations sans basculer sur une chaussure à plaque carbone. L’absence de plaque est un choix assumé qui fait sens à l’entraînement : on laisse les structures musculaires travailler tout en bénéficiant d’une protection maximale.
Pour moi, elle se place sereinement face à la concurrence comme l’ASICS Superblast 3, et la Brooks Hyperion Max 3 (malgré sa plaque en nylon) ou une Kipstorm Tempo. C’est une réussite pour ON qui, avec ce modèle, passe d’une marque que l’on critiquait souvent pour ses mousses trop fermes à une marque qui produit l’une des super-trainers les plus fiables et agréables du marché.
Et pour ceux qui veulent aller encore plus loin, la version LightSpray Cloudmonster 3 Hyper propose la même plateforme avec une tige révolutionnaire sprayée par des robots, pesant seulement 205 g !













