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Jetzt einkaufenTest & Avis Arc’teryx Sylan 2 : La recherche de performance selon l’oiseau canadien
Arc’teryx est une marque emblématique du monde outdoor, née en 1989 à Vancouver, au Canada. Historiquement reconnue pour ses vestes hardshell, ses sacs à dos techniques et ses harnais d’escalade, la marque s’est longtemps appuyée sur l’expertise de Salomon (sa maison-mère de 2001 à 2019) pour ses incursions ponctuelles dans la chaussure. Ce n’est qu’en 2024 qu’Arc’teryx a véritablement pris son envol dans l’univers du running avec une première collection entièrement conçue dans son centre de design dédié à Portland, Oregon. Parmi les trois modèles fondateurs, la Sylan incarnait l’ADN performance de la marque : une chaussure de trail pensée pour enchaîner les sommets avec vitesse et efficacité.
Deux ans après cette première mouture, Arc’teryx revient avec la Sylan 2. Et il ne s’agit pas d’un simple lifting : la marque canadienne a repensé la chaussure de fond en comble. Nouvelle mousse supercritique, plaque en fibre de carbone fourchue (une première pour Arc’teryx), géométrie revue et semelle extérieure reconfigurée. Après plusieurs sorties sur différents terrains, voici mon retour complet.
Je m’appelle Dorian, je suis podologue du sport spécialisé en course à pied et trail, et grand spécialiste de la conception des chaussures. En vrai passionné, j’aime étudier la construction des chaussures, les disséquer pour analyser les technologies de mousses, de tiges, de grip, de plaques etc. Je pratique le trail essentiellement dans la Haute chaine du Jura sur sur tout type de terrain : singles techniques, pierriers, sorties longues en montagne. Mes principaux objectifs cette année sont le Grand Raid du Ventoux et la Trace des Ducs de Savoie.
J’ai eu l’occasion de tester la première version de la Sylan il y a 2 ans et j’avais été déçu du résultat. C’était une chaussure lourde avec un gros stack, une mousse ferme et un gros rocker. Je ne la trouvais vraiment pas stable. J’attendais donc une évolution notable avec ce modèle orienté performance … et je trouve que c’est une vraie réussite !
Caractéristiques techniques
- Poids : 269 g en taille 42 (homme) / 231 g (femme)
- Drop : 6 mm
- Stack : 32 mm (talon) / 26 mm (avant-pied)
- Semelle intermédiaire : mousse supercritique (noyau Pebax 100 %) + enveloppe TPEE
- Plaque : plaque en fibre de carbonecarbone composite Arris, fourchue, trois-quarts de longueur
- Semelle extérieure : Vibram Megagrip LiteBase, crampons étagés 4,5 mm / 3,5 mm
- Tige : jacquard technique nylon/TPU/TPE avec films TPU de renfort
- Chaussant : Precision Fit avec col tricoté façon guêtre intégrée
- Prix : 220 €
Côté technologies
La Sylan 2 est une véritable démonstration technologique. Arc’teryx a intégré tout ce qui se fait de mieux aujourd’hui sur une chaussure de trail de performance.
La tige
La tige est en jacquard tissé, un mélange intelligent de nylon, TPU et TPE, renforcé par des films TPU thermocollés dans les zones exposées et participant à la stabilité de la tige et l’augmentation de la raideur de la chaussure qui joue également sur le dynamisme.
L’ensemble est à la fois léger, respirant et étonnamment résistant à l’abrasion. La particularité du modèle reste cette construction enveloppante avec une languette plate tricotée qui se fond dans un col montant façon guêtre.
Ce système crée une enveloppe continue autour du pied, limite les entrées de débris et offre un chaussant type chaussette très précis et ultra confortable. Le laçage, traversé de renforts, garantit un maintien du médio-pied d’une précision remarquable. Le contre fort semi-rigide maintient bien le talon sans le comprimer. Il est assisté par 2 bourrelets internes qui maintiennent le tendon d’Achille en place. Cela ne m’a provoqué aucune gène ou inconfort. Néanmoins pour garder la meilleure précision possible, la chaussure est très fittée et ne conviendra pas aux pieds larges.
La semelle intermédiaire
La semelle intermédiaire constitue le cœur de la refonte. Arc’teryx abandonne la mousse InFuse (EVA/polyoléfine) de la V1 au profit d’une mousse supercritique à noyau Pebax 100 % réputée pour son dynamisme. Le procédé supercritique consiste à injecter du CO₂ sous pression dans la mousse chauffée pour créer des microcellules parfaitement uniformes. Cela donne une mousse plus légère, plus réactive et surtout plus durable dans le temps.
Ce noyau Pebax est enveloppé d’une coque extérieure en TPEE (élastomère thermoplastique) qui stabilise l’ensemble et protège la mousse des agressions latérales.
Une architecture bi-densité intelligente qui combine réactivité et stabilité de la mousse et durabilité. Cette ensemble donne une semelle intermédiaire ferme mais réactive qui ne conviendra pas forcément à tout le monde et à tout type de sortie. Associé à cette combinaison de mousse, le rocker, auparavant centré au médio-pied sur la V1, a été avancé sur l’avant-pied ce qui améliore nettement la stabilité arrière de la chaussure par rapport à la V1.
La plaque en fibre de carbone composite Arris
L’ensemble mousse + géométrie est complémenté par une plaque en fibre de carbone composite Arris, fourchue et couvrant trois quarts de la longueur du pied. C’est la première plaque carbone intégrée dans une Arc’teryx. Le design fourchu n’est pas anodin : il permet de conserver une certaine flexion naturelle de l’avant-pied et de stabiliser une combinaison de mousse plus soft tout en rigidifiant la zone médiane pour maximiser la propulsion. Cette plaque joue également un rôle de protection contre les aspérités du sol. Sur trail technique, cette approche est pertinente, car une plaque carbone pleine et rigide peut s’avérer délicate à gérer en descente ou sur terrain instable. Cette modification biomécanique change radicalement la sensation à la course en dynamisant la foulée à chaque pas tout en protégeant et sécurisant le pied sur terrain plus technique.
La semelle externe
La semelle extérieure est signée Vibram Megagrip avec technologie LiteBase. La LiteBase permet de réduire l’épaisseur de la gomme pour économiser du poids sans sacrifier la durabilité ni l’adhérence. Les crampons adoptent un profil étagé : 4,5 mm dans les zones de forte sollicitation et 3,5 mm ailleurs. Moins agressif que les 6 mm de la V1, mais avec un espacement plus généreux entre les crampons. Un parti-pris assumé qui privilégie les transitions fluides et le débourrage. La signature Vibram Megagrip est notamment gage de qualité pour la stabilité de la chaussure sur le terrain.
Pour quel profil de coureur ?
La Sylan 2 est un outil de performance, pas une chaussure de tous les jours. Elle s’adresse en priorité aux traileurs cherchant une chaussure pour les compétitions du 10 km au 80 km, sur terrains techniques à mixtes. Elle est taillée pour les coureurs à pied fin à standard, qui apprécient un chaussant précis et un verrouillage rigoureux. C’est également une excellente option pour les séances qualitatives, les FKT courts à moyens, et les sorties tempo en montagne.
En revanche, les coureurs à pieds larges ou à fort volume devront s’abstenir : le chaussant Precision Fit est étroit et l’ouverture limitée par la guêtre complique l’enfilage. Les adeptes de l’endurance fondamentale et des sorties longues à basse intensité seront mieux servis par une chaussure au profil plus moelleux et protecteur. Elle se positionne également dans un segment haut de gamme avec un prix de 220€ qui ne conviendra pas aux petits budgets.
Conclusion
Avec la Sylan 2, Arc’teryx franchit un vrai cap et signe une chaussure de trail de compétition cohérente et techniquement très aboutie. La mousse supercritique Pebax, la plaque carbone fourchue Arris, le rocker avancé et la semelle Vibram Megagrip LiteBase forment un ensemble parfaitement orchestré. Les défauts sont mineurs : un chaussant étroit, une enfilage un peu chronophage et une fermeté qui ne conviendra pas à toutes les utilisations. Mais pour le coureur-cible — un traileur compétiteur à la recherche de vitesse, de précision et de contrôle sur terrain technique — la Sylan 2 est l’une des propositions les plus convaincantes du segment carbone trail en 2026. À 220 €, elle se positionne dans la norme du segment, et sa durabilité annoncée (gomme LiteBase, mousse supercritique, tige jacquard renforcée) en fait un investissement raisonnable. L’oiseau canadien a clairement trouvé ses ailes.





