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Inizia a fare acquistiTest & Avis de la Salomon S/LAB Genesis 2 : la nouvelle référence pour ultra sur terrain technique
Chez Salomon, le label S/LAB n’est pas un argument marketing posé sur une gamme grand public. C’est le laboratoire de la marque annécienne, l’endroit où les produits sont co-construits avec les athlètes maison et où les matériaux les plus coûteux arrivent en premier. Dans cette famille, la Genesis occupe depuis 2024 une position singulière. Elle n’est pas la S/LAB Pulsar, taillée pour la vitesse pure sur les formats courts. Elle n’est pas non plus la S/LAB Ultra Glide, qui mise tout sur la hauteur de mousse et le confort roulant. Elle est le compromis montagne : basse, précise, protégée, pensée pour tenir plusieurs heures sur du terrain cassant sans jamais déconnecter le coureur du sol.
La première version a trouvé son public très vite, jusqu’en compétition d’ultra. Elle n’était pourtant pas exempte de reproches. La mousse EVA avait tendance à perdre de son efficacité assez rapidement et devenait trop « molle », le dynamisme ressenti était également en dessous de la concurrence au même tarif et le grip sur roche humide revenait avec constance dans les retours terrain comme la vraie limite du contaGRIP.
La S/LAB Genesis 2 arrive le 1er août 2026, à 200 €, et répond précisément sur ces deux fronts : mousse optiFOAM² à double densité, activeCHASSIS redessiné et désormais intégré à la semelle intermédiaire, géométrie de crampons retravaillée. Un quatrième changement, plus discret sur la fiche produit, le drop passe de 8 à 6 mm. C’est ce point-là que je vais décortiquer en priorité.
Les caractéristiques de la S/LAB Genesis 2
- Stack : 31 mm / 25 mm (Talon / Avant-pied)
- Drop : 6 mm
- Poids : 272 g (en 42 annoncé par la marque) / 292 g en 46 pesé par mes soins
- Semelle intermédiaire : optiFOAM2 double densité + optiFOAM (EVA)
- Système de stabilité : activeCHASSIS
- Tige : Matryx Micro, avec chaussant endoFIT et Quicklace
- Grip : ContaGRIP retravaillé avec crampons de 4,5 mm
- Prix : 200 €
Testeur
Je m’appelle Dorian, suis podologue du sport, spécialisé en course à pied et en trail, et j’aime passer du temps à me renseigner, tester et décortiquer les chaussures dans tous les sens. Mon terrain, c’est la Haute chaîne du Jura : des dénivelés courts mais raides et répétés, du gras, de la caillasse, des crêtes, des racines et des descentes en sous-bois où la lecture du sol compte davantage que la puissance. Mon prochain objectif de la saison, la Trace des Ducs de Savoie, oriente forcément mon regard : je juge une chaussure sur ce qu’elle raconte au bout de huit heures, pas sur les dix premières minutes.
Évolution : ce que Salomon a réellement changé
La semelle intermédiaire : optiFOAM² et double densité
C’est le chantier principal. La V1 reposait sur une optiFOAM à base EVA, avec un mince voile de mousse ferme sous la plaque, un matériau quasiment structurel plus qu’amortissant. La V2 passe à une architecture optiFOAM² à double densité, la fiche Salomon mentionnant toujours l’association avec de l’optiFOAM classique. L’objectif affiché est double : plus de restitution et une meilleure tenue dans le temps. Sur ce second point, le procès de la V1 était fondé, une EVA se tasse et le prix rendait la chose difficile à avaler.
La géométrie de plateforme : deux millimètres de moins au talon
Le drop passe de 8 à 6 mm. On passe donc à 31/25 mm contre 33/25 mm annoncés sur la V1, l’avant-pied ne bouge pas et c’est le talon qui descend. Ce n’est pas un détail de fiche technique, c’est une modification de la géométrie d’attaque qui va amener à répartir les charges différemment en incitant à attaquer plus médio pied.
Le châssis change lui aussi de nature. Sur la V1, l’activeCHASSIS fonctionnait comme une structure périphérique. Sur la V2, il est intégré à la semelle intermédiaire. Salomon parle de stabilité guidée sans contrainte du mouvement naturel du pied.
La semelle extérieure : contaGRIP All-Terrain retravaillé
Les crampons restent annoncés à 4,5 mm, mais la géométrie change, avec une orientation revue visant explicitement le rocher humide, le gravier roulant, les montées raides et les descentes rapides. C’est la réponse directe au point faible historique du contaGRIP.
La tige : Matryx Micro, Kevlar et protections
La tige adopte une construction Matryx Micro, avec des fils Kevlar à revêtement individuel. Sur la V1 la durabilité à l’abrasion du Matryx était remise en question. C’est exactement là que le Micro est attendu, il devrait être plus résistant. S’ajoutent la guêtre intégrée, le pare-pierres, le rembourrage protecteur médial, le manchon endoFit et le quickLACE avec range-lacets. Rien de spectaculaire sur le papier, beaucoup de choses qui comptent après six heures.
Confort
Le chaussant reste taille normale, en largeur standard, avec un médio-pied que j’ai ressenti serré à la sortie de boîte mais qui s’est détendu après quelques sorties. Le maintien est excellent au talon et au médio-pied, les guêtres sont efficaces contre les cailloux et débris, les cols et la languette sont bien rembourrés et la respirabilité reste solide sur les efforts longs par temps chaud. Le volume vertical au medio pied est bien dosé et pourra plaire également aux coureurs ayant un cou de pied fort. Le Quicklace de Salomon est toujours aussi efficace mais peut toujours être remplacé par un lacet classique pour celles et ceux qui souhaitent. Petit ombre au tableau en ces temps chauds : le coloris full black se ressent lorsqu’il fait vraiment chaud, la température interne de la chaussure augmente. Le tout converge vers un confort de type compétition : enveloppant, précis, avec un amorti plutôt ferme mais agréable sans être moelleux.
Stabilité
C’est le point sur lequel la V2 a progressé le plus : j’ai ressenti un vrai maintien du pied dans l’axe que ce soit sur pierriers, sur dévers et en descente raide sur sol meuble, sans sensation de bridage. L’intégration du châssis dans la mousse explique probablement ce ressenti moins intrusif que sur la V1. Le stack abaissé sur l’arrière joue également dans ce ressenti de stabilité tout comme le changement de mousse un poil plus ferme et qui vieillira certainement mieux en gardant plus de structure. Les renforts « rouges » au niveau du grip participe aussi à cette stabilité de l’arrière et du médio pied qui guide le déroulé du pas quel que soit le terrain.
Dynamisme
Au début j’ai ressenti moins de dynamisme que sur la V1, avec moins cette sensation de rebond et de réponse, mais en conservant ce caractère connecté au sol qui fait l’identité du modèle. Mais en fin de sorties longue je ressentais moins de « mollesse ». La nouvelle combinaison de mousse semble garder plus longtemps sa structure et donc les caractéristiques qui vont avec. On parle d’un gain, pas d’une transformation : la S/LABGenesis 2 ne devient pas une chaussure à plaque carbone, et elle ne prétend pas l’être mais l’efficacité de la mousse vieillit bien mieux que sur la V1. Le passage à l’optiFOAM² attaque donc le problème par le bon bout ; en tout cas en ressenti mais il serait intéressant de le confirmer en le quantifiant en laboratoire.
Accroche
Les crampons de 4,5 mm sont bien espacés, orientés dans plusieurs directions. On ressent clairement une traction très solide sur terrain mixte, avec de la confiance en descente rapide. La révision de géométrie cible la roche humide, faiblesse assumée de la V1. Pour le moment c’est plutôt encourageant mais je reste prudent : je n’ai pas encore assez de recul dans des conditions plus humides pour affirmer que le contaGRIP comble son écart avec un Vibram Megagrip sur roche mouillée.
Pour qui ?
Parfait pour :
- Le coureur de trail technique et d’ultra montagne qui privilégie la lecture du sol et la précision d’appui plutôt qu’un matelas maximaliste.
- Le coureur cherchant une chaussure légère et polyvalente pour tout type de terrain
- Le pied normal à fin, avec une bonne tolérance au volume vertical pour ceux qui ont un fort coude pied
- La foulée neutre à médio-pied, habitué aux chaussures avec un rocker modéré.
- Celui qui a aimé la V1 mais lui reprochait un manque de retour d’énergie et une accroche limite sur roche mouillée.
Pas vraiment fait pour :
- Aux pieds larges, en particulier au médio-pied : le chaussant S/LAB ne se rode pas, il se subit.
- Aux coureurs privilégiant le dynamisme sur terrain roulant avec des mousses nouvelles générations et/ou des plaques aidant à la propulsion.
- Aux coureurs cherchant un amorti généreux sur ultra roulant : plutôt s’orienter vers la S/LAB Ultra Glide2.
- Aux débutants en trail, quel que soit le budget : cette chaussure demande une technique de pied déjà construite.
Conclusion
La S/LAB Genesis 2 est une évolution assumée, pas une refonte totale. Salomon a corrigé les deux reproches les plus fondés adressés à la V1, la mousse et le grip sur rocher humide, sans toucher à l’ADN du modèle : bas, précis, protégé, durable. Le passage à 6 mm de drop est un vrai marqueur de cette version qui pourrait faire bizarre au premier abord aux fervents utilisateurs de la V1 mais qui rassurera ceux qui y trouvait une certaine instabilité de l’arrière-pied.
À 200 €, l’investissement est réel, d’autant que la Genesis 2 standard, à 150 €, couvre une bonne partie du même terrain avec un chaussant plus accueillant. La S/LAB se justifie si vous cherchez le maximum de précision et une protection pensée pour les longues journées de montagne et sur terrain technique.







